22 ans d’écart: pieds plastifiés

25 novembre 2018

élevage de pigeons

Enfants, la chaussure de sport  comme le survêtement se portaient en cours de sport. Ils pouvaient parfois randonner un dimanche en montagne. L’école ne les toléraient pas hors de la salle ou du terrain d’exercice. A l’âge du collège et du lycée, la Stan Smith était  le rêve de l’attitude « dans le vent ». Trop chère, inappropriée hors de son usage sportif, les parents faisaient respecter le strict choix de la bonne semelle et de la bonne culotte, au bon endroit.

Au milieu des années 90, pour les débuts scolaires de nos enfants, nous avons respecté la tenue de ville et ses chaussures de cuir. Pourtant les codes s’étaient assouplis. Je me souviens de l’insistance réprobatrice de cette enseignante de maternelle qui demandait que les enfants viennent en « jogging » et « basket » tous les jours. Elle voulait être dispensé du temps de mise en tenue d’activités physiques et du laçage. Nous avons tenu bon.

La Stan Smith a disparu quelques années. Elle est revenue comme un produit nouveau pour revues féminines, clips et jeunes en quête de nouveauté vintage. Beau marketing pour cette cinquantenaire. C’est une survivante, prisée des français.

La chaussure de tous les sports n’existe plus. La basket a vécu. Aujourd’hui, la sneaker se porte tout en mollesse et en matière synthétique, avec des noms de quasi-honomatopés, avec des semelles à air et surtout des couleurs que Pantone n’osait pas afficher, à des prix insensés. Elle se fait en version bio aussi, pour ajouter moins de déchets au déchet qu’elle deviendra très rapidement. La sneaker a déjà traversé la planète pour venir à nous; elle arrive déjà dépassée et elle est suivie de très près par la nouveauté dans la forme/couleur/toile/semelle/nom/lacet/tige…

sneaker : qui ressemble à une chaussure de sport mais n’est absolument pas conseillé pour une quelconque activité physique qui nécessiterait la bonne tenue des pieds. 

La chaussure de cuir et la tenue de ville existent encore. Elles se laissent devancer par le chaussant et le culottant informes et mous qui sont la norme du confort; il est devenu de bon ton même de les promener les vendredis au bureau, pour montrer son coté assumé de la décontraction. Cette année, la robe un peu travaillée doit s’accompagner de ces pieds d’éléphants pour copier les tendances des revues de mode.

Le discours de l’institutrice de nos enfants a porté ses fruits. La jeunesse a adopté les codes les plus confortables, soutenue par les images de leurs idoles. Les plus anciens, en peine de vieillir, empruntent les mêmes tenues. Sans surprise, le personnel du petit supermarché voisin porte un pantalon de survêtement avec des baskets, tout comme le livreur ou la jeunette en stage du magasin voisin.

Hier, en regardant une vitrine et ciblant cette paire de sneaker « de ville » très tendance, notre fils a coupé court en me répondant « non, c’est laid! » .

Education réussie ou rétrograde?

 

 

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