22 ans d’écart – les voyages forment la jeunesse

30 octobre 2018

22 ans, majorité révolue

Notre jeunesse était dans les années 70-80. Les plus téméraires ont osé faire des études ou avoir un premier emploi dans un autre canton, parfois dans une autre région, avant de revenir dès que possible en zone d’origine. L’exportation longue durée était une exception et se négociait par des transhumances périodiques aux vacances scolaires vers le creuset familial.

Nous habitions à la frontière allemande. Tu n’as pu voir que les débuts balbutiants de l’ouverture de la frontière et la disparition de ce serrement de gorge en passant devant la baraque des douaniers sur le pont du Rhin.

Nous étions petits joueurs.

Aujourd’hui, la promenade est ainsi dans 26 Etats. L’espace Shenghen est élargi et l’utopie d’un monde sans frontière est réalité pour 419 millions d’habitants d’européens, sauf pour aller à Londres.

Nos enfants ont la planète comme terrain d’expérimentation. Un peu d’anglais et d’internet suffisent à vous préparer à tout éloignement géographique. En y ajoutant que l’avion n’est plus l’élite du transport, on comprend la facilité de se déplacer.

Erasmus est passé par là pour les étudiants européens avantagés. Faire des études supérieures comprend maintenant systématiquement un séjour ailleurs. En général, on se souvient du coût de la promenade et beaucoup moins du contenu des cours.

« Erasmus » ? modalités d’échanges d’étudiants entre universités européennes dont le but est la mixité des participants dans des fêtes interminables et répétées dont on se souviendra toute sa vie.

A défaut de pouvoir travailler, ces mêmes jeunes n’hésitent pas à migrer plutôt que d’attendre les aides sociales. Ils parcourent et découvrent du pays en attendant de revenir par temps plus clément pour l’emploi. Ils voient du pays en expérimentant l’échange : un lit, un couvert contre un travail ; oups, non, contre une aide à la ferme… mais rien à voir avec l’esclavage ; ils peuvent, eux, partir quand ils veulent, si ils en ont les moyens. Les « accueilleurs » postent des « offres » et se permettent de sélectionner les futurs bénévoles tant le marché du travail est prospère dans le monde.

Pour travailler aussi, l’éloignement est de rigueur. Certains diront un atout. Reste à savoir pour qui ? Nos enfants ne trouvent pas de travail rêvé. Après quelques années de petits boulots occasionnels, ils révisent leurs exigences mais ne trouvent pas non plus dans le pays qui a dépensé pour les instruire. De petits malins y trouvent filon bien alimenté en jeunes personnes formées et non exigeantes, qu’on recrute ici pour les envoyer de l’autre coté de la planète, à contrat de travail de là-bas. Alors, ils y vont. Tu l’auras compris, là-bas, ce sont les pays à bas coût salarial et à très faible protection sociale. Les bénéfices du travail de ces jeunes  bas coûts, eux par contre, rentrent encore très vite dans les pays occidentaux de leurs sociétés bénéficiaires. 

Aller ailleurs est aussi devenu une exigence sociale pour des vacances ou pour le travail. La question  » qu’est ce que tu fais pendant les vacances » attend une réponse géographique « je vais ici et même plus loin » pour être considérée comme valable . La rencontre de l’autre est facilitée, exigée, imposée. Nous avons maintenant des voisins, parfois très lointains, que les multiples photos mises en ligne de si loin attestent de véracité.

Ils redeviennent des étrangers – des migrants est le terme du moment,  lorsque ces lointains voisins tentent de venir se sédentariser ici.

Tu n’as jamais entendu parler du Brexit; tu n’as pas suivi la poussée nationaliste de partout. Il est bien possible que notre utopie n’ai eu qu’une génération de beau temps.

 

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