C’est dans les gènes?

Soleil, rien de prévu; ce vendredi midi, j’opte pour déjeuner dans un café parisien de quartier. Le lieu est un peu branché, le personnel est jeune et sympa, la carte est un poil originale mais suffisamment proche des plats classiques pour ne pas poser de question, le trottoir est garni de petites tables qui longent les vitrines.

Arrivée à midi, la salle est presque vide et je me dirige au fond pour avoir la salle en vue. Un couple chuchote de l’autre coté. La commande de la suggestion du jour est rapide. J’ouvre mon journal en attendant. En quelques minutes, la salle se remplie entièrement. Le bruit est devenu bourdonnement et exclamations de voix, empêchant toute lecture. La tête relevée, la salle devient interessante à détailler. Trois grandes tablées sont organisées, en plus des  petites tables dispersées. Les serveurs dansent au pas rapide. Leurs mains alternent carnet de commandes et déambulations de verres remplis et d’assiettes. Les clients sortent des bureaux discrets alentours, genre petites structures de têtes pensantes.

La tablée de huit est plutôt calme. Les très jeunes se sont placés en fond de table; probablement les apprentis ou stagiaires. Seuls parlent les deux plus anciens, polo et vestes; une dame les écoute. Ils parlent entre eux. Aucun échange entre les jeunes, bigrement captivés par le contenu de leur plat.

La tablée de dix se remplit progressivement. Elle est bruyante. Les membres arrivent l’un après l’autre et distribuent bises et commentaires pour chacun. Au centre de la table se sont installés les leaders. Ils sont salués en premier par chaque arrivant, avant que de s’installer à droite ou à gauche.

La plus grande tablée est homogène. Ils ont passé la quarantaine, plutôt décontractés; des enseignants? . Ils fêtent le départ de l’un d’eux.  Plusieurs conversations se chevauchent. Les convives se lèvent, passent de l’un à l’autre. Le serveur a quelques difficultés à interrompre les échanges. Les plus anciens sont néanmoins écoutés dès la parole prise et ils ont beaucoup de chose à dire.

Les petites tablées ont la particularité de réunir des personnes de même profil, même sexe, même âge. Ici, trois hommes de la cinquantaine parlant business, là trois femmes un peu artistes de retour du parc voisin. Les échanges sont plutôt bien partagés entre les convives de ces petits comités.

Toujours là, le couple chuchote maintenant au dessus de son dessert.

Après quarante cinq minutes d’observation des grandes tables, un même constat: les hommes expriment la réussite, la maturité; ils parlent fort et les femmes écoutent. Quelques unes interviennent, pour acquiescer le propos. L’une a tenté de reprendre la conversation, avant de se taire puisqu’un homme en face d’elle a recommencé à parler.

Ce plafond de verre qui limite l’évolution des femmes dans l’entreprise est-il si imprégné dans nos gènes que nous le respectons aussi dans le contexte d’un repas entre collègues?

 

 

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