public ou privé ?

Hier, après-midi salon de thé. Rite annuel où je retrouve une ancienne collègue autour d’un thé.

On fait le point; les dernières vacances et la vie de famille sont expédiées en quelques traits.

La plus grande partie de la conversation tourne autour du travail, de l’emploi, du job, du taff. Nous faisons le même métier. Depuis une quinzaine d’année, nous avons changé quelques fois de fonction. J’ai sauté d’une boite à une autre, coté direction dans le privé. Les opportunités l’ont porté vers la fonction publique, coté ministère.

Nous avons de la chance, nous aimons vraiment notre métier. Alors, qu’est ce qui fait que notre conversation a mis sur la table le malaise lié à notre environnement professionnel?

Dans notre tentative de comprendre les raisons, nous avons constaté l’absence de la préparation à l’encadrement dans les écoles. Dans quel programme d’enseignement a-t-on prévu que les élèves deviendront peut-être des responsables hiérarchiques directs? Ensuite, la question est arrivée sur « tout le monde peut-il encadrer ? ».

Pour l’instant, ce sont les personnes qui sont visées. Assez vite sont arrivés les questionnements sur le fonctionnement des organisations. Pourquoi avoir choisi celui ci? pourquoi celui là ne fait pas ce qui est attendu? Qui les a nommé et pourquoi? La valeur professionnelle n’est elle pas la seule adéquation qui devrait porter le choix des personnes? Nous tombons d’accord sur une impression commune d’une peur diffuse qui semble anhiler toute décision, tout changement ou toute initiative. Cette peur ferait même perdre la capacité à agir en intelligence.

Parce que le constat a été imparable, travailler à des postes plutôt confortables, ne nous satisfait pas plus dans le privé ou dans le public, et pour les mêmes raisons. En retrouvant cette ancienne collègue, je pensais à sa fonction et je me disais que j’y goûterais bien pour connaître les rouages du ministère. Elle est venue dans l’idée de discuter d’une autre voie professionnelle.

Au retour, j’ai pensé à cette étrange ambiance du monde du travail en France. J’ai trouvé une partie de mes réponses dans nos échanges, mais pas celles attendues.

Mais plus que tout, sur le chemin est monté un sentiment de honte et de culpabilité en pensant à mes enfants et à leurs amis qui sont tous à la porte des emplois qui leur permettraient de vivre correctement.

Est-ce cette économie en partie délétère qui rend les chanceux travailleurs si désespérément peureux et malheureux, dans le privé comme dans le public ?

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