Salut et bonne suite

30 septembre 2016

et sinon, le travail, ça va?

Je travaille dans l’un de ces très grands groupes qui centre aussi ses bénéfices à coups de plans de départ des salariés. En une petite dizaine d’années de présence, mon service en est à son troisième plan, soit un processus quasi continu.

Les 5 étapes sont immuables : bruit de couloir et supputation sur les conditions de départ, annonce officielle, calculs à l’infini par les potentiels intéressés, signature officielle de ces derniers et enfin le jour, le dernier jour. Le processus est rapide, quelques mois tout au plus. Les conditions de départ sont intéressantes.

Aujourd’hui 30 septembre, nous sommes l’un de ces fameux derniers jours ou 8 de mes collègues directs sur la trentaine de l’organigramme, ont lancé leur dernière cartouche : mail à une grande liste de destinataire, les plus pro l’ont fait en anglais, « très bon souvenir » revient.

Toute cette mise en scène n’a comme but que les 2 derniers items lancés comme un « ne m’oubliez pas » affecté : le mail et le numéro de téléphone personnels.

A cette pêche, ils captureront d’abord 3 ou 4 collègues qui les tiendront au courant- dont ceux intéressés par les connaissances pro qui sont parties avec eux. Prochaine échéance Nouvel An ou ceux qui restent n’oublieront pas de les inclure dans la liste de leur message. La deuxième année ne résistera pas pour la plupart au lien avec les anciens restés dans l’entreprise en général, à part un.

J’ai reçu quelques-uns de ces messages aujourd’hui et hier. Des « au revoir » qui masquent d’évidents « adieu ». Des collègues, pas des amis.  Mélange de gêne et d’interrogation: va-t-on jouer à la réponse courtoise, ne va-t-on pas répondre, faire semblant de dire qu’on échangera plus tard?

Je me pose plutôt la question de ce qui est dans l’esprit des partants : ils ont 57 ans, ont fait une carrière qui ne les a pas usé prématurément et sont en bonne santé. Il y a quelques mois, ils ne pensaient même pas partir…si tôt. Pas sûr que ce qui paraît être si avantageux le soit pour eux. Bien sûr, il y aura quelques semaines d’euphorie. Ensuite, il faudra se reconstruire un entourage et surtout un but. Ce processus menera à coup sûr certains à la dépression. On vous a quand même dit que l’entreprise n’a plus besoin de vous.

Mais que dire de ceux qui restent? Les postes disparaissent, les passations ne se sont pas toujours faites. Parfois même, la fonction du partant disparaît avec lui. Pour les survivants encore en selle, le tout est toujours accompagné par un remaniement total des organisations. Pour résumer : 6 mois au moins de grosse galère pour ceux qui restent dans le service qui vient de perdre ses plumes. Il faudra des années avant de se refaire une vision et un fonctionnement qui semble tenir la route.

Des années, 2 ou 3, c’est le temps de gestation…du prochain plan de départ. Vu mon âge, de quel coté serai-je dans le prochain plan? Les restants ou les partants? Parce que je crois qu’aucun des 2 partis  n’y gagne vraiment en sérénité et en satisfaction…alors qu’il y a vraiment de quoi partager tout le travail à faire pour que chacun trouve sa place comme utile à la communauté.

 

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